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Historique du centre Mgr Marcoux
Pour certains citoyens, le Centre Mgr Marcoux est là depuis toujours mais, pour d’autres, sa vue ranime plein de beaux souvenirs : c’est la jeunesse ou la vie de plusieurs couples, leurs premières amours; c’est voir la campagne qui recule devant cette ville qui l’envahit.
La paroisse Saint-Charles de Limoilou devenue trop étendue, on décide de fonder en 1923 une nouvelle paroisse, Saint-Pascal-Baylon, nom donné en souvenir du Congrès Eucharistique tenu cette même année et de la dévotion de ce Saint pour l’Eucharistie.Le paysage était alors bien différent : l’actuelle avenue Maufils était tracée dans le lit d’une petite rivière, décharge d’un petit lac de rétention situé au niveau du boulevard de la Capitale ; passé la rue Desroches, il y avait le «Petit bois des frères», véritable jungle pour les jeunes du quartier qui venaient y jouer aux cow-boys après l’école. La Canardière était «La grande artère», avec son tramway ; au coin de l’avenue D’Estimauville trônait fièrement «Le Roi de la patate frite», rendez-vous des amateurs et l’on retrouvait, à côté de l’Hôpital Civique, une petite rivière, aujourd’hui comblée. L’Hôpital de l’Enfant-Jésus, déjà bien établi, est entouré de vergers et d’arbres centenaires, véritable écran antibruit pour contrer ceux en provenance du boulevard Henri-Bourassa.
À la fin de la guerre, une véritable frénésie de la construction s’empara des gens : on défricha, traça des nouvelles rues, allongea celles qui existaient comme l’avenue Champfleury et on construisit des maisons dites salubres pour la classe ouvrière.
On avait laissé debout la première petite église et elle servait de salle paroissiale : on y allait au cinéma pour 10 cents. Dans les années 50, on y installa une pré-maternelle. De vieux couples de St-Pascal nous parlent avec émotion de leur mariage dans cette petite église. La jeunesse grandissait et se retrouvait désœuvrée puisqu’il n’y avait aucun endroit où se réunir, où s’amuser dans la paroisse.
C’était là la grande préoccupation du nouveau curé, arrivé en 1946, monsieur l’abbé J. Alphonse Marcoux. Après cinq années comme aumônier militaire, on le récompensa en le nommant «Monseigneur» en 1957. Monseigneur Marcoux, homme volontaire et décidé, persuada la Fabrique de créer un local pour la jeunesse. C’est bien connu : «L’oisiveté est la mère de tous les vices»! Une contribution monétaire fut décrétée pour tout paroissien ayant salaire. Une armée de bénévoles allait de porte en porte pour s’assurer que tous faisaient «leur devoir». C’est ainsi qu’une somme de 106 000 $ fut amassée pour la construction du Centre. C’est sans doute une des explications de l’attachement de la population actuelle et passée à «son» Centre communautaire.
Au départ, le Centre devait se situer au coin de l’avenue Champfleury et de la rue De Grandville. C’était l’endroit privilégié mais les voisins se sont plaints et ont réussi, grâce à leur influence, à faire tomber le projet. Le terrain qui constituait le deuxième choix était situé au coin de la rue Desroches et de l’avenue Champfleury, mais l’emplacement n’était pas assez grand. Par la suite, des démarches ont été entreprises afin d’obtenir le premier Patro mixte de la région. Il aurait été dirigé par les pères de Saint-Vincent-de-Paul et aurait été construit à l’emplacement actuel des piscines du Parc Bardy. Le projet a avorté mais, encore aujourd’hui, on ignore pourquoi. Après d’âpres discussions, la construction fut décidée : ce serait à côté du presbytère, endroit facile à surveiller. Le Centre Mgr Marcoux fut inauguré le 27 septembre 1963 et fut opérationnel le 1er décembre de la même année.
On avait de grands projets : piscine, gymnase, etc.; mais on avait oublié la nature. En creusant, on s’est retrouvé au-dessus d’une rivière : on avait une piscine… mais pas celle qu’on désirait. On a rempli le tout et on a remplacé la piscine par un salon de quilles. C’était plus sécuritaire. La construction s’est déroulée rondement et on a rapidement organisé des activités. Deux ligues de quilles ont été formées: celle d’Hydro-Québec et celle des loisirs St-Pascal. Rappelons que, à cette époque, c’étaient des jeunes qui plantaient les quilles. Aux sports, de vaillants instructeurs enseignaient aux jeunes pour des salaires dérisoires et, bientôt, on a eu une équipe de gymnastes représentative. Personne n’a oublié André Denis, François Rodrigue et Denis Bélanger. Si on manquait d’argent, on cotisait les parents. Des bénévoles, dont mesdames Perron et Paré, dessinaient et cousaient les costumes qui faisaient fureur lors des compétitions et concours à la poutre, au cheval d’arçon, etc. Les adultes n’étaient pas en reste : ils avaient leurs ateliers de judo, de yoga, de danse, de tricot et de peinture. Plus tard, on a mis sur pied un Club de l’âge d’or et un Cercle des fermières qui, comme les Scouts, ont établi leur quartiers généraux à l’intérieur du centre communautaire et y sont toujours.
Le quartier était riche en talents musicaux. On y a vu fleurir de nombreux groupes : les Bel Canto, les Bel Air, les Millionnaires, les Habits Jaunes et les réputés Hou Lops qui ont fait danser avec frénésie une jeunesse bien vigoureuse devant des adultes stupéfaits de voir ces danses «barbares». Avec le concours de Télé-4, on a eu les soirées animées par la station mobile «Allez 4». Pierre Chatel et Guy Thivierge étaient les artisans de ces soirées très populaires, sans alcool et bien chaperonnées.
On décida aussi d’organiser une grande célébration, «Limoilou en fête», avec la collaboration de la Brasserie Labatt : danses intérieures et sur le stationnement. Sylvain Lelièvre, originaire de Limoilou, était l’invité de l’âge d’or. La deuxième édition s’est déroulée sous la présidence de monsieur Robert Chamberland et fut grandiose : une parade avec chars allégoriques depuis les Galeries de la Canardière jusqu’au Centre Mgr Marcoux. Pour l’occasion, le balcon du restaurant «Le Maizerets» avait été décoré et aménagé en estrade pour les dignitaires dont le maire Jean Pelletier.
Fidèles à la vocation communautaire du Centre Mgr Marcoux, les salles étaient alors et sont toujours fort utilisées : réceptions de mariage ou d’après-funérailles, réunions de familles, baptêmes, ateliers de formation, réunions syndicales et rencontres diverses. Le centre communautaire accueille maintenant en moyenne plus de 3 000 personnes par semaine, soit plus de 156 000 présences annuellement. Des citoyens de tous les âges sont rejoints par le centre, des aînés aux plus jeunes, en passant par les adultes, les adolescents et les familles. Pour tous ces gens, le Centre Mgr Marcoux constitue un milieu de vie, un endroit où ils peuvent se divertir, rencontrer des amis, s’informer, actualiser leurs connaissances sur différents sujets. Ils viennent s’entraider et économiser à l’intérieur des services à la vie communautaire. Pour la plupart, c’est un second «chez-soi», un milieu de vie où les générations se côtoient harmonieusement sans discrimination. À lui seul et ce, depuis 1964, le centre communautaire constitue un point de rassemblement important pour les membres de la communauté.
Depuis 1997, le Centre Mgr Marcoux a élargi ses pistes d’intervention en intégrant un volet communautaire. Soutenus par le comité «Opération de Quartier», les gens du milieu ont été invités à prendre la parole. De cette identification de besoins sont nés divers projets comme les cuisines collectives et exploratrices, « le Local ados », « la Boîte à jouets » (joujouthèque), les projets d’insertion sociale, les cafés-rencontre, le groupe d’achat, le club des jeunes retraités, le club de marche de même que les journées d’échange entre les organismes œuvrant dans le milieu. De plus, certaines communautés ethniques ont été rejointes pour favoriser les échanges interculturels.
Le centre d’accès info-route et le centre d’accès communautaire permettent à des gens de se familiariser avec les nouvelles technologies informatiques. Tous ces projets, et bien d’autres, sont le fruit des idées amenées par la population et des partenariats que l’administration a encouragés. Avec plus d’une trentaine de partenaires et des centaines de bénévoles, le centre est représenté à plusieurs comités et tables de concertation.
L’équipe du Centre Mgr Marcoux s’active toujours à mettre de la vie et a répondre aux besoins de tout un quartier. Pensons simplement à la Fête de Noël des enfants, aux Fêtes du Printemps, au «Beach-party» et aux autres activités du même genre, au marché aux puces annuel, à la semaine d’activités spéciales pour les jeunes à l’occasion de la Relâche, au projet «Récré-étude»(aide aux devoirs) et, depuis l’été 2003, à l’animation du programme Vacances-été au Parc Bardy.
Le Centre Mgr Marcoux fournit aussi des locaux gratuits ou à faible coût à plusieurs groupes sociaux dont les Scouts, le Club de l’âge d’or, Le Cercle des fermières, Les Relevailles, le Groupe témoignage, l’Association Nationale des Retraités Fédéraux et bien d’autres.
Un Centre communautaire de loisirs dans un quartier, c’est une richesse, un point d’ancrage, un phare pour la nouvelle génération, un tremplin pour le développement d’une communauté. Son action est orchestrée par une implication bénévole de personnes du milieu et de divers organismes communautaires, municipaux et commerciaux.
Dirigé par un conseil d’administration autonome, le Centre Mgr Marcoux, sans être riche, a toujours su tirer son épingle du jeu. Fier de ses 40 ans, il est devenu au fil des ans le cœur du quartier et il faut espérer que, dans leur sagesse, ses dirigeants ne perdront jamais de vue que c’est avant tout l’œuvre des citoyens et que ce cœur doit continuer de battre.
Les premiers membres du conseil d’administration du Centre Mgr Marcoux furent :
M. Benoît Prémont, président
M. Edmond Gagnon, vice-président
Mlle Rachel McKinnon, secrétaire
M. Albert Gagné, trésorier
M. J.-A. Dubois, directeur
M. Pierre Rochette, directeur
Mme Rosaire Dionne, directrice
Mlle Monique Vaillancourt, directrice
L’aumônier : L’abbé Rémy Giroux
Mis à jour (Vendredi, 09 Avril 2010 15:24)



